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Préjudices à l’hôpital : Infections post-intervention

Une infection post-intervention est associée à un acte médical ou à une intervention chirurgicale et découle d'une colonisation par une charge bactérienne supérieure à celle que le système immunitaire est en mesure de gérer. Ce genre d'infection peut accroître considérablement les coûts, la morbidité et même la mortalité.

Sujets
  • Sécurité des patients
  • Préjudices à l’hôpital
Public
  • Prestataire de soins au lieu d’intervention

  • Responsable de l’amélioration de la qualité ou de la sécurité

  • Conseiller en politiques, analyste

Objectif

Prévenir les infections post-intervention et les décès chez les patients hospitalisés en mettant en œuvre des soins liés aux interventions fiables fondés sur des données probantes pour tous les patients qui subissent une intervention invasive.

Overview

ESC a créé cette Ressource d’amélioration pour les préjudices à l’hôpital, qui compile plusieurs ressources visant à appuyer les efforts d’amélioration de la sécurité des patients.

Les infections du site opératoire (ISO) sont des infections de l'incision, de l'organe ou de l'espace qui surviennent après une intervention chirurgicale. Les patients chirurgicaux qui présentent initialement des comorbidités plus complexes et l'émergence de pathogènes résistants aux antimicrobiens augmentent le coût du traitement des ISO et le défi qu'il représente. La prévention des ISO est de plus en plus importante, car le nombre d'interventions chirurgicales réalisées [...] ne cesse d'augmenter. On estime qu'environ la moitié des ISO peuvent être évitées en adoptant des stratégies fondées sur des données probantes (Berríos-Torres et al., 2017). Les ISO touchent jusqu'au tiers des patients qui subissent une intervention chirurgicale (Organisation mondiale de la Santé, 2018). Les infections du site opératoire sont une cause fréquente de morbidité suite à une intervention chirurgicale. Il a également été démontré qu'elles augmentent les taux de réadmission et de mortalité, la durée du séjour à l'hôpital et les coûts assumés par les patients qui les subissent (Cataife et al., 2014).

L'incidence cumulée des ISO dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire est de 11,8 sur 100 interventions chirurgicales. Bien qu'elles soient beaucoup plus faibles dans les pays à revenu élevé, elles restent le deuxième type le plus fréquent d'infections associées aux soins de santé (IASS) en Europe et aux États-Unis (É.-U.). L'incidence cumulée la plus élevée concerne la chirurgie du côlon avec 9,5 % d'épisodes pour 100 opérations, suivie de 3,5 % pour le pontage aortocoronarien, 2,9 % pour la césarienne, 1,4 % pour la cholécystectomie, 1,0 % pour la prothèse de la hanche, 0,8 % pour la laminectomie et 0,75 % pour la prothèse du genou (OMS, 2018).

De nombreux facteurs au cours du cheminement clinique d'un patient en chirurgie ont été reconnus comme contribuant au risque d'ISO. La prévention de ces infections est complexe et nécessite l'intégration d'une série de mesures avant, pendant et après l'opération (OMS, 2018).

Importance pour les patients et leurs familles

La peau est une barrière naturelle contre les infections. Même si de nombreuses précautions et protocoles de prévention des infections sont en place, toute intervention chirurgicale provoquant une rupture de la peau peut entraîner une infection (Johns Hopkins Medicine, n.d.). Lorsqu'un patient contracte une infection à la suite d'une chirurgie ou d'une intervention, celle-ci retarde la guérison, prolonge la durée du séjour du patient et accroît le risque de préjudice et de réadmission. En mettant en œuvre des interventions appropriées, les patients sont davantage en sécurité et rentrent chez eux plus rapidement (Institute for Healthcare Improvement (IHI), n.d.).

La plupart des patients qui subissent une intervention chirurgicale s'en sortent bien, mais environ trois patients opérés sur 100 contractent une infection. Cela peut entraîner d'autres problèmes tels que la prolongation de l'hospitalisation et, plus rarement, un décès lié à l'infection (IHI, 2012).

Les patients et les soignants doivent recevoir des renseignements et des conseils sur le traitement de leur plaie après leur sortie de l'hôpital, sur la façon de reconnaître une infection du site opératoire et sur les personnes à contacter en cas d'inquiétude (NICE, 2019).

Revues cliniques et systémiques, analyse des incidents

Compte tenu du large éventail de causes potentielles d'infections nosocomiales post-intervention, il convient de procéder à des examens cliniques et systémiques afin de recenser les causes latentes et de déterminer les recommandations appropriées.

La survenue de préjudices est souvent complexe, avec de nombreux facteurs contributifs. Les établissements doivent :

  1. Mesurer et faire le suivi des types et de la fréquence de ces incidents.

  2. Utiliser des méthodes d'analyse appropriées pour comprendre les facteurs contributifs sous-jacents.

  3. Élaborer et mettre en œuvre des solutions ou des stratégies visant à prévenir la récurrence et à réduire le risque de préjudice.

  4. Mettre en place des mécanismes visant à atténuer les conséquences du préjudice lorsque cela survient.

Indicateurs

La mesure est essentielle à l'amélioration de la qualité, surtout pour la mise en œuvre de stratégies d'intervention. Les indicateurs choisis aident à déterminer si un impact est réel (résultat principal), si l'intervention est effectivement réalisée (indicateurs de processus) et si des conséquences imprévues en découlent (indicateurs d'équilibrage).

En choisissant vos indicateurs, tenez compte des éléments suivants :

Vous pouvez utiliser différents indicateurs ou modifier les indicateurs décrits ci-dessous pour les rendre plus appropriés ou utiles à votre contexte particulier. Cependant, soyez conscients que la modification des indicateurs peut limiter la comparabilité des résultats avec les résultats « d'autres ».

Évaluez votre choix d'indicateurs selon la pertinence des résultats finaux et des ressources nécessaires pour les obtenir; essayez de maximiser les résultats tout en minimisant les ressources employées.

Lorsque cela est possible, utiliser des indicateurs que vous utilisez déjà pour d'autres programmes.

Essayez d'inclure les indicateurs de processus et de résultats dans votre système de mesure.

Codes de la Base de données sur les congés des patients

Codes de la Base de données sur les congés des patients (BDCP) compris dans cette catégorie clinique :

  • B14 : Infections post-intervention

Concept : Infections liées à une intervention médicale ou chirurgicale.

Remarques : Ce groupe clinique peut inclure les réactions inflammatoires en l’absence d’infection.

Exemples de réussites

Bibliothèque de pratiques exemplaires de l'Organisation de normes en santé (HSO)

Les infections nosocomiales sont considérées comme une menace sérieuse à la sécurité des usagers hospitalisés. Parmi les infections du champ opératoire, celles qui découlent d'interventions orthopédiques sont jugées graves et peuvent accroître les taux de morbidité et de mortalité. Les facteurs des périodes préopératoires, peropératoires et postopératoires qui peuvent contribuer à prévenir les infections en orthopédie englobent : de bons soins de la peau avant une intervention, des soins optimaux pendant l'intervention, des taux élevés de conformité aux techniques d'hygiène des mains pendant tout le continuum des soins, le recours à des techniques aseptiques strictes lors du changement de pansement après l'opération et la réduction des complications au site de l'incision telles que les enflures. Pendant la période préopératoire, on vise une préparation efficace de la peau pour réduire le taux de bactéries chez l'usager. Ce but est atteint en faisant en sorte que les usagers utilisent une solution de douche chlorhexidine 2 %, qu'ils cessent de se raser et qu'ils subissent un test de dépistage des micro-organismes résistants aux antibiotiques comme le SARM. Au cours de la phase opératoire, l'administration d'antibiotiques prophylactiques au moment opportun s'avère essentielle pour réduire les taux d'infection. On a amélioré la pertinence du moment où l'antibiotique est administré en s'assurant que le personnel infirmier commence la perfusion quand l'usager précédent quitte la salle d'opération. La dose d'antibiotique AncefMC a été augmentée de 1 à 2 g et l'on a commencé à utiliser du ciment orthopédique chargé d'antibiotique (méthacrylate de méthyle). Il a été démontré que le contrôle de la normothermie aide à réduire les infections chez les usagers en orthopédie, de sorte que tous ont maintenant une couverture chauffante. L'hygiène des mains est considérée comme le moyen le plus important pour réduire les infections nosocomiales. Au centre Holland, le taux de conformité à cette pratique est passé de 28 % en 2008 à 85 % en 2012, et ce, grâce à de la formation, un meilleur accès aux postes de lavage des mains et aux produits de lavage des mains au point de service. De plus, tout notre personnel se conforme entièrement aux pratiques suivantes qui sont reconnues pour réduire le taux d'infection : aucun bijou porté à la main ou au bras, aucune nourriture ni boisson dans les postes de soins infirmiers. L'introduction d'un nouveau produit et d'un protocole de soin des plaies a réduit la nécessité de changer les pansements aussi souvent, a contribué à faciliter grandement la mobilité ainsi que la capacité à se doucher chez les usagers après une intervention chirurgicale, ainsi qu'à réduire les enflures autour de la plaie. Le centre Holland réalise plus de 2 100 arthroplasties totales au cours d'une année. Un processus complet est en place pour faire le suivi du taux d'infection et produire des rapports à ce sujet au cours des douze mois suivant une intervention chirurgicale. Au cours de l'année 2011-2012, le taux d'infection à la suite d'une arthroplastie de la hanche ou du genou était de 0 % (comparé aux taux visés par le National Healthcare Safety Network qui sont de 0,75 % pour la hanche et de 0,68 % pour le genou). Les données préliminaires pour l'année 2012-2013 démontrent que le programme a maintenu un taux d'infection de 0 % tant pour les usagers ayant subi une arthroplastie de la hanche que ceux opérés au genou. Nous nous efforçons continuellement d'améliorer la pratique tout au long de l'ensemble du processus afin d'éliminer les infections du champ opératoire chez nos usagers.

Références

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