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Préjudices à l’hôpital : Le délirium

Le délirium est un état de confusion qui se manifeste très subitement et peut durer de quelques heures à plusieurs jours. Il peut affecter la capacité d’une personne à rester alerte, à se souvenir, à s’orienter dans le temps et dans l’espace, à parler et à raisonner clairement.

Sujets
  • Préjudices à l’hôpital
  • Sécurité des patients
Public
  • Prestataire de soins au lieu d’intervention

  • Responsable de l’amélioration de la qualité ou de la sécurité

  • Conseiller en politiques, analyste

Objectif

Améliorer la détection précoce et réduire l'incidence du délirium chez les patients à risque hospitalisés aux soins intensifs et dans des unités de soins généraux grâce à la mise en œuvre de stratégies normalisées de dépistage et de prévention du délirium.

Survol

ESC a créé cette Ressource d’amélioration pour les préjudices à l’hôpital, qui compile plusieurs ressources visant à appuyer les efforts d’amélioration de la sécurité des patients.

Le délirium est associé à plusieurs causes, telles qu’une infection, une chirurgie récente, des conditions médicales diverses, une douleur non soulagée, le commencement, l’augmentation ou l’arrêt de certains médicaments, ou des troubles d’alimentation ou de sommeil. Le délirium peut être aggravé sous diverses conditions, telles que la contention physique, l’alitement, l’utilisation de sondes urinaires et la prise de certains médicaments (Coalition for Seniors' Mental Health 2017; American Delirium Society 2015).

Le délirium est un problème qu’on rencontre souvent chez les patients hospitalisés à l’unité des soins intensifs (USI). Souvent non reconnu comme tel, il est mal diagnostiqué comme une autre condition telle que la démence ou la dépression. Les patients qui font un délirium à l’hôpital (comparativement à ceux qui n’en font pas) sont généralement plus susceptibles de

  • demeurer plus longtemps à l’hôpital et d’être plus sujets aux complications nosocomiales;

  • avoir des taux de mortalité plus élevés à l’hôpital et jusqu’à six à douze mois plus tard;

  • perdre leurs capacités physiques à l’hôpital et nécessiter des soins de longue durée après leur hospitalisation;

  • développer une démence ou autre type de déficience cognitive même une fois que le délirium s’est dissipé. (American Delirium Society 2015).

Le délirium peut être prévenu. L’étape la plus importante dans la gestion du délirium consiste à la reconnaissance précoce et la prévention faisant en sorte qu’elles représentent une stratégie importante pour l’amélioration de la qualité. (Des soins de santé plus sécuritaires maintenant! 2013)

Importance pour les patients et leurs familles

Le délirium est parfois désigné « syndrome crépusculaire » ou « psychose à l'USI » (American Delirium Society 2015). Il peut semer l'effroi chez les membres de la famille, souvent les premiers à constater le changement de l'état mental de leur proche, plutôt que les fournisseurs de soins de santé. Avec des soins appropriés, le délirium peut être prévenu ou atténué (Des soins de santé plus sécuritaire maintenant!, 2013). La participation de la famille, en particulier dans le cadre de soins critiques, ne réduit pas l'incidence du délirium, mais améliore la récupération psychologique (Black 2011).

Récit de patient

Let's Respect

M. Graham a été admis à l'hôpital pour une dysphagie et une perte de poids. Il était très confus et peu coopératif, croyant que le personnel essayait de l'empoisonner. Lors de son admission, l'épouse de M. Graham a expliqué qu'il souffrait de la maladie d'Alzheimer et a expliqué au personnel comment ses symptômes se manifestaient habituellement et ce qu'il était en mesure de faire sans aide. Elle a également indiqué qu'il avait récemment été admis dans un état de confusion à un autre hôpital. M. Graham était en effet dans les premiers stades de la démence, mais il avait conservé une bonne compréhension de ses problèmes. Pour beaucoup de gens, il ne paraissait pas vraiment « confus » en raison de ses bonnes aptitudes sociales.

Malheureusement, le diagnostic de « démence » est devenu dominant dans les remarques consignées à l'hôpital, lorsque ces problèmes dominaient ses autres problèmes. Malgré les détails que sa femme avait fournis, on a supposé que la confusion de M. Graham était entièrement due à sa démence et que cela était « normal » et donc ne justifiait pas une évaluation plus approfondie. Mme Graham ne pensait pas que la confusion de son mari était entièrement due à sa démence, mais le personnel ne semblait pas être à l'écoute, et elle a donc communiqué avec l'infirmière de liaison en santé mentale. L'examen de l'infirmière a révélé que M. Graham souffrait d'anémie et elle a recommandé une investigation plus poussée.

On a constaté qu'il avait été récemment admis dans un autre hôpital local deux mois plus tôt avec le même problème. Il avait reçu quatre unités de sang et son délirium s'était amélioré. M. Graham a reçu une autre transfusion par la suite et une grande partie de sa confusion s'est dissipée, mais ses taux d'hémoglobine n'étaient pas maintenus et il a continué à maigrir en raison de sa difficulté à avaler. À ce stade, M. Graham était devenu très calme et discret. D'autres examens ont suivi qui ont révélé que M. Graham avait une tumeur maligne à l'œsophage. Il est mort à l'hôpital deux semaines plus tard.

Le cas de M. Graham met en évidence les dangers de ne pas reconnaître le délirium chez les personnes atteintes de démence et par la suite de leur refuser les examens et les soins auxquels ils ont droit.

Cela montre également l'importance d'écouter ceux qui connaissent bien le patient. La nécessité d'améliorer la communication, la formation continue et la formation du personnel hospitalier est également mise en évidence dans ce cas. (Let's Respect, 2006)

Revues cliniques et systémiques, analyse des incidents

Étant donné les nombreuses causes potentielles du delirium, nous recommandons de procéder à des examens cliniques et systémiques pour déceler les causes potentielles et formuler des recommandations appropriées.

La survenue de préjudices est souvent complexe, avec de nombreux facteurs contributifs. Les établissements doivent :

  1. Mesurer et faire le suivi des types et de la fréquence de ces incidents.

  2. Utiliser des méthodes d'analyse appropriées pour comprendre les facteurs contributifs sous-jacents.

  3. Élaborer et mettre en œuvre des solutions ou des stratégies visant à prévenir la récurrence et à réduire le risque de préjudice.

  4. Mettre en place des mécanismes visant à atténuer les conséquences du préjudice lorsque cela survient.

Indicateurs

La mesure est au cœur de l'amélioration de la qualité, surtout lorsqu'il s'agit de mettre en œuvre des interventions. Les indicateurs choisis permettront de déterminer s'il y a des retombées (résultat principal), si l'intervention est bel et bien mise en œuvre (indicateurs de processus) et s'il y a des conséquences imprévues (indicateurs d'équilibrage).

Voici quelques indicateurs recommandés que vous pouvez utiliser au besoin pour suivre vos progrès. En choisissant vos indicateurs, envisagez les éléments suivants :

Lorsque possible, utilisez des indicateurs dont vous vous servez déjà pour collecter des données pour d'autres programmes.

Évaluez votre choix d'indicateurs en fonction de l'utilité des résultats finaux et des ressources nécessaires pour les obtenir; essayez de maximiser l'utilité tout en minimisant les ressources.

Essayez d'inclure des indicateurs de processus et de résultats dans votre système de mesure.

Vous pouvez utiliser différents indicateurs ou modifier les indicateurs décrits ci-dessous pour les rendre plus appropriés et/ou utiles à votre contexte particulier. Cependant, il faut savoir que la modification des indicateurs peut limiter la comparabilité de vos résultats à d'autres.

Afficher vos résultats de mesure dans votre établissement est une excellente façon de garder vos équipes motivées et conscientes des progrès. Essayez d'inclure des indicateurs que votre équipe trouverait pertinents et passionnants (IHI, 2012).

Codes de la Base de données sur les congés des patients

Codes de la Base de données sur les congés des patients (BDCP) compris dans cette catégorie clinique : A05 : Delirium

Concept : Perturbation temporaire de la conscience accompagnée d’une modification de la cognition diagnostiquée au cours d’un séjour à l’hôpital.

Remarques :

Exemples de réussite

Références

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