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Infections à Clostridium difficile, à SARM ou aux ERV : Introduction

​Survol et implications

Infections à Clostridium difficile, à SARM ou aux ERV

Les infections associées aux soins de santé (IASS ou infections nosocomiales) entraînent un lourd fardeau de maladies chez les Canadiens et représentent un problème de santé publique important. Ce fardeau pèse également sur le système de soins de santé canadien, et les Canadiens n'ont pas toujours accès aux soins en temps opportun (Agence de santé publique du Canada 2017, « Pratiques de base »).

Bien qu'il soit important de prévenir et de contrôler la propagation de toutes les infections, il existe certains organismes résistants aux antimicrobiens qui sont plus répandus et posent un risque élevé dans les établissements de santé.

La résistance aux antimicrobiens (RAM) se produit lorsque les microbes (par ex., bactéries, virus, champignons et parasites) ont évolué de telle sorte que les médicaments antimicrobiens (par ex., antibiotiques, antiviraux, antifongiques et antiparasitaires) ont perdu leur efficacité pour traiter les infections.  Lorsque les microbes sont exposés aux antimicrobiens, ils s'adaptent et deviennent plus résistants (Agence de santé publique du Canada 2017, « Tackling »). (Ces organismes comprennent, sans toutefois y être limités, le staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), l'entérocoque résistant à la vancomycine (ERV) et le clostridium difficile (C. difficile). 

L'Agence de santé publique du Canada (ASPC) estime qu'environ deux pour cent des patients admis dans les grands centres hospitaliers universitaires canadiens seront infectés par un organisme antibiorésistant (OAR) durant leur séjour à l'hôpital (Mitchell et coll. 2019) et que, à n'importe quel moment, de trois à dix pour cent des patients hospitalisés au Canada seront soit infectés par un OAR ou porteurs d'un OAR (Martin et coll. 2019). Pour citer les propos du Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, « les OAR sont l'une des plus grandes menaces sanitaires de notre temps et peuvent réduire à néant les avancées médicales du dernier siècle » (Organisation mondiale de la Santé 2019). À l'échelle mondiale, on estime aujourd'hui que 700 000 personnes décèdent des suites d'infections liées à la RAM chaque année; et que si aucune mesure n'est prise, d'ici 2050, 10 millions de vies seront menacées dans le monde en raison de l'augmentation des infections résistantes aux médicaments (Review on Antimicrobial Resistance/Étude sur la résistance aux antimicrobiens 2016).

Le gouvernement du Canada s'engage à prendre des mesures visant à prévenir, à limiter et à contrôler l'émergence et la propagation de la RAM. Le Plan d'action fédéral sur la résistance et le recours aux antimicrobiens au Canada (Agence de santé publique du Canada 2015) définit trois piliers d'action :

  1. Surveillance : Détecter et surveiller les nouvelles tendances et menaces afin d'orienter les stratégies visant à réduire les risques de la résistance aux antimicrobiens et ses effets.
  2. Gestion : Maintenir l'efficacité des traitements existants par des lignes directrices sur la prévention et le contrôle des infections, l'éducation et la sensibilisation, la réglementation et la surveillance.
  3. Innovation : Créer de nouvelles solutions par les activités de recherche et développement pour contrer la perte d'efficacité des antimicrobiens (Agence de santé publique du Canada 2015).

En plus du Plan d'action fédéral, un Cadre d'action pancanadien (Agence de santé publique du Canada 2017, « Lutter ») décrit une approche axée sur Une seule santé, tant du point de vue humain qu'agricole. Ce cadre englobe les trois piliers énumérés ci-dessus, ainsi qu'un quatrième pilier pour la prévention et le contrôle des infections (PCI).

Infection au Clostridium difficile (ICD)

Le Clostridium difficile (C. difficile) est une bactérie qui provoque une diarrhée d'intensité légère à grave ainsi que des troubles intestinaux, comme la colite pseudomembraneuse (inflammation du côlon).

La bactérie C. difficile et ses spores se trouvent dans les selles. Les personnes deviennent infectées lorsqu'elles touchent des surfaces contaminées par des selles et qu'elles touchent ensuite leur bouche. Cela peut survenir suite à la contamination de l'environnement du patient, du matériel partagé ou par les mains du personnel soignant. Les personnes âgées, les personnes aux prises avec des maladies comorbides, les personnes hospitalisées ou les personnes devant prendre des antibiotiques courent un plus grand risque d'infection. Certains antibiotiques administrés pendant de longues périodes augmentent le risque de contracter une infection au C. difficile (ICD). Presque tous les antibiotiques ont été associés à l'ICD, mais les antibiotiques à large spectre et certaines classes d'antibiotiques, comme les céphalosporines, la clindamycine et les fluoroquinolones, semblent présenter un risque accru d'exposer les patients à l'ICD. 

Les spores du C. difficile peuvent subsister pendant cinq (5) mois sur les surfaces d'un hôpital. Le C. difficile est la principale cause de diarrhée infectieuse dans les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée au Canada ainsi que dans d'autres pays industrialisés, et il est associé à une augmentation des frais d'hospitalisation, notamment une prolongation de la durée de séjour. (Association for Professionals in Infection Control and Epidemiology (APIC) 2013; Agence de santé publique du Canada 2014; McDonald et al. 2018; NICE, 2015; Centers for Disease Control and Prevention 2016, « Clostridium difficile »).

Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM)

Le Staphylococcus aureus (S. aureus ou staphylocoque doré) est un type de bactérie qui se trouve couramment sur la peau ou dans le nez des personnes en santé. Certaines bactéries à staphylocoque sont faciles à traiter et d'autres, non. Les bactéries à staphylocoque qui sont résistantes à l'antibiotique méthicilline sont connues sous le nom de Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline ou SARM. Si elles ne sont pas traitées, les infections à SARM peuvent entraîner de graves complications qui mettent la vie en danger, telles qu'une infection du courant sanguin, des os ou des poumons (p. ex., septicémie, pneumonie, etc.).

Le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM) se retrouve couramment dans les hôpitaux canadiens et dans la communauté. À une extrémité du spectre, les individus peuvent être colonisés (porteurs) et être asymptomatiques. À l'autre extrémité du spectre, le SARM peut entraîner une infection potentiellement mortelle, y compris un choc septique et la mort. Le SARM se transmet par contact cutané ou par contact avec des objets contaminés par la bactérie. Les personnes dont le système immunitaire est affaibli, qui souffrent de maladies chroniques, qui sont hospitalisées et qui subissent des interventions médicales sont plus à risque de contracter une infection. Il a été démontré que le SARM se propage facilement dans les établissements de santé. Le SARM peut causer des infections à différents niveaux, comme la peau et les tissus mous, le sang, les os, les articulations, les valves cardiaques, les poumons et les plaies chirurgicales. (Agence de santé publique du Canada 2008; Calfee 2012; Centers for Disease Control and Prevention 2016, « SARM »).

Entérocoques résistants à la vancomycine (ERV)

Les entérocoques sont des bactéries normalement présentes dans l'intestin humain et qui se trouvent également souvent dans l'environnement. Habituellement, ces bactéries ne causent pas d'infection; toutefois, lorsqu'une infection survient, elle peut généralement être traitée au moyen d'antibiotiques. Les entérocoques résistants à la vancomycine (ERV) sont des souches d'entérocoques qui sont devenues résistantes à l'antibiotique vancomycine. La colonisation de l'organisme par l'ERV n'entraîne PAS de symptômes. On considère une personne infectée par l'ERV lorsque des symptômes SONT présents.

Les infections aux ERV surviennent principalement dans les établissements de soins chez les patients dont le système immunitaire est affaibli, qui souffrent de maladies chroniques et qui subissent une intervention médicale ou instrumental. Le risque d'infection aux ERV est supérieur chez les personnes qui ont déjà suivi un traitement de longue durée à la vancomycine ou à un autre antibiotique, celles qui ont subi une intervention chirurgicale et celles qui sont reliées à des appareillages médicaux, tels les cathéters vésicaux. L'ERV a tendance à se concentrer à certains endroits comme le tractus gastro-intestinal, les voies urinaires, les valves cardiaques, le sang et tout type de prothèse, comme les prothèses articulaires, les valvules prothétiques et les cathéters intraveineux.

Les entérocoques résistants à la vancomycine sont considérés comme des organismes pharmaco résistants associés aux soins de santé. Ils peuvent se transmettre d'un patient à l'autre par l'entremise d'un prestataire de soins de santé (bactéries sur les mains) ou par le contact à de l'équipement ou à des surfaces contaminés (p.ex., sièges de toilettes, ridelles, poignées de porte, linge souillé, stéthoscopes, etc.). (Agence de santé publique du Canada 2010; Calfee 2012; Centers for Disease Control and Prevention 2011).

Objectif

RéduInfections à Clostridium difficile, à SARM ou aux ERV : Indicateursire l'incidence des infections au C. difficile, au SARM ou aux ERV.

Table des matières

 

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